• Des bus bondés au Bon Coin il n'y a qu'un (faux) pas

    Attendre le bus : la vocation du travailleur (Jeudi 6 juin 2013)

     

    Tout commence vendredi 31 mai. 16 heures.

    J'attends le bus.

    J'attends le bus.

    J'attends le bus.

    Il arrivera avec plus de vingt minutes de retard.

    Le soir en sortant du travail.

    J'attends le bus.

    J'attends le bus.

    J'attends le bus.

    Il arrive enfin. Bondé comme toujours. Je m'installe où je peux. Quelques minutes plus tard il manque emboutir un autre bus et se déporte si brusquement à gauche que je le vois déjà se renverser.

    Là je descends pour attendre un autre bus.

    J'attends le bus.

    J'attends le bus.

    Il arrive. Son mode opératoire : accélérer - freiner, accélérer - freiner. Quelques minutes de ce traitement me donnent affreusement mal au cœur. Je descends prendre l'air sous la pluie. La tête me tournera des heures durant.

    Depuis vendredi ... mais que dis-je : depuis toujours, les bus arrivent en retard, ou trop en avance, ou ne passent pas du tout, ou font grève ; ils sont pleins à craquer d'une jeunesse turbulente qui se vautre sur les sièges en disséminant les sacs-à-dos sur le passage ; l'abonnement coûte quand même 56 euros par mois.

    Pour 56 euros par mois il faut attendre, attendre, attendre de pouvoir prendre un bus plein à craquer de jeunes qui se bousculent en braillant.

    Morale de l'histoire : j'en ai ma claque, et dès vendredi soir 31 mai 2013, c'est à dire il y a presque une semaine aujourd'hui, j'envisage très sérieusement de me procurer un véhicule. Sauf que je n'ai pas le permis, aucune intention de le passer parce que je déteste les voitures. Je n'aime que les deux-roues. Je commence donc à consulter les petites annonces du Bon Coin.

     

    Le Bon Coin, bécanes de l'an quarante (Jeudi 6 juin 2013)

     

    Le Bon Coin ça ne me tente pas trop d'y traîner mes guêtres depuis que le site LOL Annonces recense non sans humour les fautes d'orthographe, les fétichistes et les œuvres plus que douteuses des taxidermistes. Mais en tapant "mobylette d'occasion" dans le moteur de recherche Google on arrive direct sur le Bon Coin, donc allons-y pour le Bon Coin.

    DSCI0004-9.jpgPremier émoi : j'y retrouve ma toute première bécane, une petite moto rouge orangé de chez Peugeot, j'ai nommé la TSA que je chevauchais triomphalement à l'âge de 20 ans.

    C'est très excitant de se chercher une monture. Ça l'est beaucoup moins quand la monture idéale se trouve à l'autre bout du pays.

    Bon. A force de recherches (sur 6 pages, ce n'est pas non plus la mer à boire) je parviens à isoler une Peugeot 103 disponible dans ma ville.

    Dès le lendemain je prends contact avec son propriétaire et ce matin après un bref échange téléphonique je m'en vais (en bus) voir la fameuse Peugeot 103 de 1988, une de ces bonnes vieilles Peugeot qui, datant d'avant l'an 2000, n'ont pas été fabriquées en Chine.

    Entre temps j'ai pris quelques informations sur les questions que je dois absolument poser si je veux conclure un achat "éclairé". Ce qui m'inquiète le plus c'est ce mélange de carburant qu'on ne trouve plus tout prêt à la pompe et qu'il faut doser soi-même dans des bouteilles d'Oasis ou de Coca. Je m'y vois déjà ...

    J'arrive à l'adresse indiquée. Un Arabe en djellaba, très mastoc, vient m'ouvrir et me dit qu'il va chercher la mobylette. Je retourne donc attendre dehors et je vois surgir de la rampe des caves une mobylette qui, ma foi, m'a l'air d'être tout à fait correcte. Elle n'est pas toute neuve loin de là. Mais à ma demande il la fait tourner devant moi, et elle tourne plutôt bien ... sauf qu'elle sent un peu trop l'essence à mon goût.

    Peugeot-Vogue.pngElle ressemble à peu près à ça, mais d'un bleu-vert indéfinissable, en bien plus vieux, et elle ne s'appelle pas Vogue. Les "Vogue", c'est les 103 de maintenant. Je monte alors dessus pour la démarrer. Ça ne se fait pas au quart de tour c'est le moins que je puisse dire. Dix coups de pédale, je suis HS et la mobylette ne tourne toujours pas. Ça promet.

    Une grosse déception commence à pointer son nez d'autant plus que la Peugeot n'a aucun papier, pas de carte grise (il paraît qu'une carte grise coûte 40 euros). A ma question "Pourquoi vous la vendez" ne voilà-il qu'il me répond qu'il les achète à la brocante pour les retaper et les revendre. Je commence à avoir un gros doute ... mais il est déjà parti m'en chercher une autre, une plus légère, toute blanche, devant laquelle je resterai, comment dire, sans voix.

    C'est une épave.

    Le guidon dégringole, la chaîne pendouille, il n'y a plus les pédales, je n'ose même pas imaginer l'état du moteur - si toutefois il y a un moteur sur ce genre de modèle "pur jus". Je ne sais vraiment plus quoi dire. Il me propose alors de me la bricoler pour lundi, je le remercie, je m'en vais reprendre mon bus.

    J'attends le bus.

    J'attends le bus.

    J'attends le bus.

    J'attends le bus.

    Dans le bus je m'avoue à moi-même que je n'ai pas confiance. Je ne sais pas d'où sortent ces mobylettes qui n'ont aucun papier, je n'ai aucune garantie quant au fait qu'elles n'ont pas été volées.

    Ma première expérience du Bon Coin se termine donc ici, jeudi 6 juin à 09:15 du matin.

    PS - Nous sommes lundi 10 juin 2013 (je me suis fait arnaquer ce matin au distributeur de ma banque) le vendeur de mobylette n'a pas recontacté, moi non plus. J'ai d'autres projets.

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