Trouille bleue tu rouilles, tu rouilles ma cervelle et grouillent mes viscères infestés par la peur. Furieuse touffeur de mes bouffées d’angoisse, étouffements
suintants qui transsudent la crasse, des bouquets d’ortie blanche à mâcher méchamment, d’autres, de chardon bleu, qui fleurent le fer blanc.
Je veux jeter au lac ma carcasse esquintée, là, dans l’eau calme du lac, trinquer à ta santé. Toute ma peau partirait en fumée. Sous la toile cousue des paupières fermées j’écoute une bête
s’écorcher la bouche, je l’entends cette bête, elle saccage ma couche et secoue ses mâchoires autour de mon cou. Je suis en colère et je rends coup pour coup.
Souffle court il en sourd le barouf le plus fou.
[© Mai 2012 Credo, TS]