Jeudi 8 mars 2012, 19:25 - Si l'on pouvait interrompre le cours de sa vie aussi facilement que la lecture d'un livre. Et reprendre son
cours à la page que l'on a marquée. Revenir en arrière, ou jeter un coup d'oeil sur la fin. Si l'on pouvait... sauter certains passages, et relire les paragraphes ou les chapitres préférés. Si
l'on pouvait ranger sa vie sur une étagère et l'oublier quelques jours, quelques années durant. Si notre vie pouvait devenir notre livre de chevet, que l'on cite à tout va comme une référence en
la matière.
Peut-être : est-ce pour ça qu'on écrit. Pour contrôler : faits, rythme, et ton. S'inventer sa vie, restant le meilleur moyen d'être et de rester
soi-même.
Quand on n'écrit plus, c'est la vie qui va mal. On ne lit pas non plus. Tout se délite et se ralentit. Le monde autour de soi se vide de sa substance. Il se dessèche, il se resserre autour du noyau.
On est là, oisif, passif, un caillou sec dans le crâne. Par intermittences, secoué de mots sans suite et d'idées toutes décousues. Le passé remonte à la surface. Les perspectives d'avenir s'effacent. Reste l'instant présent. Inepte, inerte, aride. Lourd comme une pierre, et rien derrière, et rien devant. Rien autour non plus. Qu'un sourd bourdonnement.
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Vendredi 9 mars 2012, 08:15 Pourquoi ne puis-je écrire qu'en situation de légitime défense ?
Plaintive nostalgie / Des libertés fertiles / A perdre mon chemin / Comme je me trouvais ¶ Même s'il vit cent ans / L'arbre qui s'enracine / Il ne sert qu'à nourrir / L'âpre feu des bûchers ¶ Je brûle à l'intérieur / D'inerties fatalistes / Où la mort n'est plus rien / Qu'une issue de secours ¶ Car je souffre vois-tu / Dedans toutes mes fibres / Et l'envie d'en finir / Me poursuit nuit et jour ¶ Je ne sais qui je suis / Ni comment je subsiste / Où me conduit le cercle / Des tristes obsessions ¶ La hantise l'idée fixe / Et l'hallucination / Des vieux sommeils fétides / Secoués de frissons ¶ Dresse-toi casse tout / Fais sauter les verrous / Du souvenir abject / Qui te jette en prison ¶ Des cailloux dans ton sac / Et ton sac sur le dos / Prends la route du lac / Et des quatre saisons.
©TS 2012