Le Cimetière Saint-Charles de Sète, rebaptisé le Cimetière Marin en hommage au poète Paul Valéry
Un article dédié à Fanfan Pirate, la blogueuse des Chats d'en bas
Sur la route qui conduit à la Corniche et aux Plages, au-dessus du Théâtre de la Mer, on aperçoit le cimetière marin et son phare, l'autre phare étant celui du môle Saint-Louis. Je n'ai pas encore trouvé le temps de le visiter ...
Le cimetière Saint-Charles de Sète a vu le jour autour de 1680 : à l'origine, il était destiné à accueillir le corps des premiers ouvriers morts sur le chantier de construction du môle Saint-Louis. Ces travailleurs n'avaient pas de tombe, ils étaient jetés dans une fosse commune ; leurs ossements reposent en dessous d’un magasin funéraire. Le 7 août 1945, le Cimetière Saint-Charles a été rebaptisé le Cimetière Marin en hommage au poète Paul Valéry auteur du poème "Le cimetière marin". Parmi les personnages les plus illustres y sont inhumés Paul Valéry né à Sète en 1871, qui repose dans le tombeau de son aïeul Giulo Grassi ; et Jean Vilar (1912-1971), créateur du Festival d'Avignon, directeur du Théâtre National Populaire. Georges Brassens est inhumé dans l'autre cimetière, le cimetière de Py.
Ce toit tranquille, où marchent des colombes,
Entre les pins palpite, entre les tombes ;
Midi le juste y compose de feux
La mer, la mer, toujours recommencée !
O récompense après une pensée
Qu’un long regard sur le calme des dieux !
Quel pur travail de fins éclairs consume
Maint diamant d'imperceptible écume,
Et quelle paix semble se concevoir !
Quand sur l'abîme un soleil se repose,
Ouvrages purs d'une éternelle cause,
Le temps scintille et le songe est savoir.
Stable trésor, temple simple à Minerve,
Masse de calme, et visible réserve,
Eau sourcilleuse, Oeil qui gardes en toi
Tant de sommeil sous une voile de flamme,
O mon silence! . . . Édifice dans l'âme,
Mais comble d'or aux mille tuiles, Toit !
Temple du Temps, qu'un seul soupir résume,
À ce point pur je monte et m'accoutume,
Tout entouré de mon regard marin ;
Et comme aux dieux mon offrande suprême,
La scintillation sereine sème
Sur l'altitude un dédain souverain.
(...)
Le cimetière marin, Paul Valéry