Tentation d'ouvrir un nouveau blog, un autre, un autre encore, pour tenter de repartir à zéro, comme on voudrait se débarrasser de ses vieilles mues qui collent à la peau.
Pourquoi ressent-on le besoin de parler sur un blog ? Pour obtenir un minimum de reconnaissance ? Par excès de solitude ? ...
C'est tellement banal de dire qu'on ne va pas bien. C'est tellement honteux de le crier sur la place publique. Moi qui vis dans le secret, qui m'enferme dans le silence, et qui m'isole de plus en plus dans la solitude, une solitude de plus en plus stérile, où donc est l'intérêt de me livrer sur un blog, et qui plus est sur un blog qui ne marche pas ?
Les Fêtes de fin d'année approchent et pour la première fois de ma vie je n'ai pas envie de fêter Noël. Noël, c'est pour moi l'occasion de retomber en enfance. Je voudrais bien croire encore au Père Noël. Je voudrais croire en plein de choses mais le coeur n'y est pas.
Passé la journée à tenter de joindre mon ami hospitalisé pour un sale cancer, là encore, c'est d'une banalité. Comme je disais sur un autre blog, je ne sais plus lequel, on ne mérite pas tous un destin. Il faut se contenter des malheurs ordinaires : se trouver au milieu de scènes de violence en début d'année ; se faire virer par une saleté de promoteur ; perdre les trois-quarts de ce qu'on possédait ; renouer avec un ami gravement malade ; depuis dix jours, avoir des vertiges et des difficultés à respirer.
J'ai recommencé à prendre des photos.
Je voudrais tirer un trait sur le passé. Tout au moins sur le passé récent. Je n'imagine pas un instant renier mon passé plus lointain, celui sur lequel j'ai construit, vaille que vaille et tant bien que mal, mon identité. Ce passé qui ressurgit tout le temps comme une obsession, ce passé-possession que j'ai fini par intégrer dans ma vie de tous les jours comme un malade intègre sa grave maladie.
On est ce qu'on a vécu. On l'est malgré soi. Rien ne peut changer ça, pas même le fait de travailler dessus, seul, ou en psychanalyse.
Ce soir je revenais fermer le blog. J'avais même écrit le début d'un article annonçant mon départ et puis j'ai vu que vous étiez quelques uns à passer me voir plus ou moins régulièrement, ça m'a un peu passé l'envie de tout bazarder.
Texte-témoin, texte-testament... Je lisais récemment que les archives, ce sont d'abord des traces, les traces d'une histoire. Elles ne deviennent archives que lorsqu'un évènement décisif les fait basculer dans un temps révolu qu'on appelle : passé.