Je ne veux plus rien dire A personne à personne Au-dessus de mes forces Est d'en parler encore
Ça me travaille au corps Depuis un demi-siècle Comment voulez-vous donc Que j'espère en guérir
Dépôt de souvenirs Sur la cuvette sale On voudrait essuyer Mais c'est de pire en pire
Alors on va l'hiver Sur les talus pourris Qui sentent à plein nez Le vert-de-gris pugnace
Les roses crevassées De mon cœur bien malade Ne sont pas de ces fleurs Qu'on oserait offrir
Et pourtant le matin Lorsque je me regarde Je vois quelqu'un de jeune Qui pourrait s'en sortir
Et dans mes yeux le soir Cette ombre qui vacille Est-ce bien le reflet De mes vieux souvenirs
Ou bien du vague à l'âme Égard au pieux espoir Qui me porte au-delà Des terreurs enfantines
Reste là sans parler Tout comme ces fantômes Dont je n'ai jamais su S'ils étaient homme ou femme
Ne parle pas de toi Ne me raconte rien Qui forcerait de trop Ma croyance au destin
L'écaille des miroirs Le couteau dans le noir ! Accueille avec courage Mon fol emportement
Je viens de te croiser Je ne sais rien de toi J'adore ton visage Il est chaud comme un masque
Un faciès animal Tout en ombres qui dansent Au toucher de velours A rendre fou d'amour
Mais que vous êtes beau C'est à peine croyable Et seriez-vous un monstre Après tout que m'importe c'est égal
Je vous ai dans la peau Ma blessure profonde Et n'en peux dire un mot Qui me perdrait
C'est sûr.
© 03.12.12 Credo, TS