Une double tendinite (je ne fais pas les choses à moitié) me clouant chez moi j'en profite pour me balader sur la toile. Ça me repose de mes incessantes "courses à pied" qui se paient, qui se paient. Ça m'éclaire, aussi, sur une bien triste réalité : une bonne moitié des blogs que je visite est inactive. Leur auteur les a désertés. Pire : quand je me connecte à l'adresse indiquée je tombe sur les mots fatidiques : This blog doesn't exist.
La plupart du temps ces auteurs de blogs désertés invoquent "la surcharge" : les études, le travail, la recherche d'emploi, la maternité, la famille, la maladie. Pour certains c'étaient des blogs pas mal fréquentés. Pour d'autres, pas un seul commentaire : ceux-ci ferment sans explication. Ceci explique cela.
J'étais au point de me plaindre de recevoir entre quatre et dix visites par jour. C'est très très peu quand on considère le nombre énorme de connexions quotidiennes à la planète virtuelle. Si peu, qu'il ne se passe pas une semaine sans que j'aille mesurer le taux d'activité des autres plateformes : Blogger, Canablog, Unblog, Sky, Wordpress... Il y avait certainement une raison pour qu'Anna K. notre aide-blog s'en aille ouvrir un nouveau blog sur Blogspot. Pourquoi partent-ils tous est-ce que je me demande en m'inquiétant un peu. Ce serait la fin d'OB ?
Ne serait-ce pas plutôt : la mort annoncé de tous les blogs ?
On critiquait beaucoup notre bonne vieille Orange : entre les nuisibles et la censure c'était pas facile de subsister. Mais avec le temps, difficile d'échapper à la réalité des statistiques : on n'a jamais fait mieux que sur Orange ; on ne fera jamais mieux que sur Orange.
Ici on se sent un peu seul et pas mal inintéressant. On a l'impression de perdre son temps. Combien de fois je me dis : tu ferais mieux de lire ; tu ferais mieux d'écrire.
Mais écrire pour qui, pourquoi... Je m'attendais à ce qu'on ne lise pas mon dernier roman, donc pas trop de désillusions de ce côté-là. Pas contre je redoutais qu'on "dénonce" les scènes de violence et ça n'a pas loupé : le seul commentaire qu'on m'ait fait sur Amor dans la journée d'hier s'ouvrait par ces mots : "Mais que de violence ... !" (merci d'être sincère) et là j'ai compris qu'il fallait arrêter tout de suite sa publication. Un blog ne peut pas être le support d'un texte brutal et tordu. L'auteur et son lecteur sont trop proches l'un de l'autre, il n'y a pas cette distance qui, seule, autoriserait la publication d'un texte brutal et tordu.
Je renonce, donc, à publier la suite d'Amor sur mon blog.
A vrai dire je me pose pas mal de questions, comme s'il planait au-dessus de lui ces mots fatidiques : This blog doesn't exist.