Ce soir j’ouvre une Rubrique intitulée Petits mystères au quotidien parce que la vie est pleine de surprises et le monde rempli de choses qu’on n’a jamais vues. Je suis peut-être inculte, mais ce matin c’est la première fois que je voyais… ce que j’ai vu.
07:50. Temps humide, il fait à peine jour. Je me rends chez Lata comme tous les mardi matin. J’ai du mal à émerger : les changements brusques de température ( de 17 à 27 sans transition) les averses orageuses, le travail physique, les trajets à pied, les soucis persos (qui n’en a pas) me font dormir comme un loir et le réveil, c’est dur.
Je prends l’escalier de pierre qui descend vers l’immeuble de Lata et dans la seconde volée de marches soudain je m’arrête.
Je viens d’apercevoir un jouet sur la troisième marche : c’est un lézard en plastique d’au moins vingt centimètres, noir et jaune, très brillant. Il me vient tout de suite à l’esprit qu’un enfant l’a perdu et je l’enjambe délicatement pour ne pas risquer de l’abîmer. Je me retourne et là j’en vois un deuxième.
Deux jouets identiques, d’un noir luisant caoutchouteux tranché de jaune d’or. De vraies merveilles. Je me penche dessus pour mieux voir, ignorant le vague pressentiment qui commence à poindre au fond de moi. Je me dis que je vais les prendre tous les deux et les rapporter à la maison.
Je ne sais ce qui me retient de les toucher. Il me semble, et c’est plus qu’une impression, que le second me regarde. Il me fait face, il est complètement immobile et ses yeux noirs me fixent.
Je commence à peine à comprendre… le premier jouet se met en marche.
De saisissement je me rejette en arrière et je le suis des yeux tandis qu’il se déplace en direction du sapin sur ma gauche. Il est très lent et très maladroit, pas du tout comme un lézard. Il est bien rond, sa queue prolonge solidement le corps. Il n’a pas ce côté vif et fragile des petit lézards gris que je connais et qui se cachent dans les fissures des murs.
Le second s’est mis en branle à son tour. Il avance vers moi, tout engourdi, une patte après l’autre, au ralenti. Il a de grosses pattes et plus je les observe tous les deux plus je les trouve beaux.
L’indignation s’empare de moi à la pensée qu’un individu les a sûrement pris dans leur pays d’origine pour les apporter ici avant de s’en débarrasser parce qu’ils sont sales ou dangereux ou susceptibles de devenir trop gros. Après tout c'est peut-être des bébés... de je ne sais quoi ! Le doute s'insinue en moi. Ils sont tellement « exotiques ». Ils viennent certainement de très loin. Peut-être d’Afrique.
A regret je me dis qu’on va les écraser, là, sur les marches. Ou les tuer intentionnellement parce qu’ils font tache dans le décor. Ou bien encore ils mourront de froid ou de faim si ce n’est pas de peur.
Mais Lata m’attend. Je dois y aller.
La tête encore toute retournée par ce que j’ai vu je lui fais part de ma découverte. Dans mon excitation je parle aussi des crocodiles et des dinosaures. Alors Lata prend un vieux livre et me montre des images de lézards en me demandant : « Est-ce qu’il ressemblait à ça ? ». Je fais non avec la tête, je tourne les pages. On arrive au chapitre des crapauds sans que je comprenne pourquoi.
Les amphibiens ? … Ça veut dire quoi ?
« Je crois que c’était une salamandre » me dit Lata qui m’annonce dans la foulée : « il y en a même des géantes d’un mètre vingt ». Moi, partant à rire, de lui répondre : « S’il y a des salamandres d’un mètre vingt dans le quartier je préfère le savoir. Je ne voudrais pas tomber nez à nez avec un monstre à huit heures du matin».
Vérification faite sur Internet, ce soir, c’étaient bien des salamandres. Elles ne sont pas du tout exotiques, ce sont de bonnes vieilles salamandres bien de chez nous. Sauf que c’est la première fois que j’en voyais.
Détails et photo sur le site que j'ai consulté (ici) si vous voulez en savoir plus (mais la plupart d’entre vous doivent très certainement en savoir plus que moi).
Juste un truc avant de clore le chapitre des jouets jaune et noir : fut un temps on pensait que les salamandres étaient incombustibles et vivaient dans le feu.
PS : ce que je regrette de ne pas avoir pris mon appareil photo !